L' exposition
On sait intuitivement ce qu’est une bonne exposition : la photo n’est ni « trop claire » ( surexposée) ni « trop sombre » (sous-exposée). Plus techniquement : les zones claires et les zones sombres comprennent encore des détails visibles. On dit que les hautes lumières ne sont pas « brûlées » et que les ombres ne sont pas "bouchées".
Ce point dépend :
de la dynamique du capteur : en gros, plus un capteur est grand , plus sa dynamique est élevée et mieux il enregistrera les détails et les nuances dans les ombres et les lumières.
de la manière dont l’appareil a été réglé pour l’exposition, c’est-à-dire la quantité de lumière captée. Il y a différents automatismes pour opérer ce réglage mais pour choisir le bon automatisme ou pour régler manuellement (ce qui est souvent nécessaire) il faut savoir ce qui suit. Voir la fin de cette fiche « comment obtenir la bonne exposition ».
Trois paramètres déterminent cette quantité de lumière captée par l'appareil, d’où l’expression « triangle d’exposition » et chaque paramètre a une influence sur la netteté de la photo.
Premier paramètre : l’ouverture du diaphragme notée f/1, f/1,4, f/2,8, f/4, f/5,6, f/8, f/11, f/16, f/32. Chaque cran divise par deux la quantité de lumière captée. Il y a des sous-divisions possibles sur les objectifs mais ces ouvertures servent de référence.
Influence sur la netteté : plus le diaphragme est ouvert, plus la profondeur de champ ( la zone de netteté ) diminue et plus il est fermé, plus elle augmente.
Exemple : pour un portrait, vous voulez généralement faire ressortir un visage sur un fond flou. Il vous faut un diaphragme très ouvert ( f/1,4 par exemple). Vous voulez photographier une pâquerette devant une chaîne de montagnes ou une allée bordée d’arbres : il vous faut un diaphragme très fermé (f/16 par exemple).
Deuxième paramètre : la vitesse (ou la vitesse d’obturation) exprimée le plus souvent en fractions de seconde (1/2, 1/4 ...1/125, 1/250 etc.. La vitesse fige le mouvement - le mouvement du sujet ou celui du photographe et de l’appareil). Pour figer le mouvement d’un marcheur on considère qu’il faut utiliser une vitesse de 1/250ème de seconde. Un temps d'exposition long va flouter les mouvements : le courant d'une cascade aura un effet "soyeux", les vagues de la mer se transformeront en une nappe de brume. Le photographe Michael Kenna par exemple a beaucoup exploité ce procédé devenu assez banal chez les amateurs.
Troisième paramètre : la sensibilité. Elle est mesurée en iso et désigne la capacité du capteur ou de la pellicule à enregistrer la lumière. Elle varie de 50 iso à 50000 voire 100000 iso.
Influence sur la netteté : une sensibilité élevée produit du « bruit » numérique ou du « grain » argentique. L'image n'est plus finement reconstituée avec de très nombreux points mais plus grossièrement.
Cet effet peut être recherché jusqu'à un certain point mais il est généralement proscrit dans la mesure du possible. Lors des tests, on évalue la manière dont un appareil "gère la montée en iso " et les logiciels de retouche se concurrencent beaucoup sur le terrain du « débruitage » pour le réduire (Dxo en a fait l'un de ses points forts par exemple.) Les annonces de sensibilités de plus de 10000 iso sont fantaisistes, la photo étant généralement inutilisable. Le plus souvent, on cherche donc à photographier à la sensibilité la plus basse possible.
Comment obtenir la bonne exposition ?
Les appareils récents mirrorless ou sans miroir ont un système de visée électronique. Vous ne voyez pas la scène reflétée par un miroir (visée réflex) mais une image électronique qui préfigure celle qui sera enregistrée. Le réglage de l'exposition devient beaucoup plus facile : en agissant sur les paramètres ci-dessus vous visualisez votre future photo et vous déclenchez quand le résultat vous convient. Vous devez régler votre appareil sur M (Manual) pour déterminer vous-même l'ouverture, la vitesse et la sensibilité ISO.
Sinon il existe plusieurs automatismes qui feront plus ou moins bien le travail à votre place.
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P (Program) : Mode Programme. L'appareil règle automatiquement l'ouverture et la vitesse, mais vous gardez la main sur les ISO, la balance des blancs et le flash.
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A ou Av (Aperture Priority / Priorité Ouverture) : Vous choisissez l'ouverture du diaphragme (pour contrôler la profondeur de champ), l'appareil calcule la vitesse d'obturation adaptée.
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S ou Tv (Shutter Priority / Time Value / Priorité Vitesse) : Vous choisissez la vitesse d'obturation (pour figer ou flouter un mouvement), l'appareil calcule l'ouverture adaptée.
Voilà, vous connaissez le b a ba de l'exposition en photo et il ne vous reste plus qu'à passer à la pratique. Elle vous permettra d'acquérir l'automatisme le plus important - le vôtre, celui qui vous permettra d'agir rapidement et de vous concentrer sur la photo elle-même.
PS : il y a un quatrième paramètre que j'ai passé sous silence à savoir la lumière de la scène puisqu'on peut la modifier avec un flash, des projecteurs, réflecteurs et autres light box. C'est un très vaste domaine où les choses se compliquent passablement. Vous pouvez faire vos recherches en tapant « photo au flash », « strobisme », « photo de studio », etc.